Dans les Hauts-de-Seine, l'alternance comme pari gagnant : l'exemple de Babychou Services
Recruter tout en formant : c'est le choix assumé depuis des années par Babychou Services, agence de garde d'enfants à domicile implantée à Rueil-Malmaison, Nanterre et dans les Hauts-de-Seine. Florent GHERBI son dirigeant, revient sur une conviction chevillée au corps : l'alternance n'est pas une contrainte, c'est un investissement d'avenir — pour l'entreprise comme pour les jeunes.

Présentation
Dans un secteur en tension comme celui de la petite enfance, où les besoins de recrutement sont constants et les profils qualifiés rares, l'alternance s'impose comme bien plus qu'un dispositif RH : c'est une véritable philosophie d'entreprise. Rencontre avec un dirigeant convaincu, qui forme des alternants depuis le tout début de son activité.
Florent G..,un dirigeant engagé pour les métiers de la petite enfance
À la tête de Babychou Services, Florent GHERBI porte une vision claire de son métier : former les jeunes générations aux métiers de la petite enfance, un secteur qu'il connaît de l'intérieur pour y avoir lui-même fait ses armes en alternance durant ses études. Une expérience fondatrice, qui explique en grande partie son attachement indéfectible à ce dispositif de formation, qu'il défend et met en œuvre depuis le tout début de son activité à la tête de l'agence.
Un acteur de proximité au service des familles
L'entreprise met en relation des familles des Hauts-de-Seine avec des professionnels de la petite enfance, pour des gardes d'enfants régulières ou ponctuelles à domicile. Récupérer les enfants à la sortie de l'école ou de la crèche, leur faire prendre le bain, préparer le goûter ou le repas du soir : un métier de terrain, exigeant en autonomie et en responsabilité, mais souvent méconnu du grand public.
L'agence recrute des profils très variés — CDI, CDD, alternance, contrats de professionnalisation — avec une pyramide des âges qui va de 18 à 78 ans : étudiants en quête de revenus complémentaires, personnes en reconversion, salariés à mi-temps... et alternants en formation. « L'alternance occupe une place importante depuis toujours, depuis que j'ai commencé. J'ai toujours aimé recruter en alternance parce que j'aime former les jeunes sur des métiers comme les nôtres, qui sont en tension », résume Florent G.
Pourquoi avoir choisi de recruter en Alternance?
« J'y crois à fond » : une conviction plus qu'une stratégie
Pour le dirigeant, l'alternance répond à une évidence : la théorie seule ne suffit pas à former un professionnel opérationnel. « Il faut la théorie, mais il faut aussi la pratique. Ça permet de valoriser une expérience et d'être tout de suite impliqué et disponible sur le marché du travail. »
Une conviction nourrie par son propre parcours, lui-même passé par des stages en alternance durant ses études. Au-delà de la compétence, c'est une manière de façonner les futurs collaborateurs à l'image de l'entreprise et de sécuriser, sur le long terme, des recrutements dans un secteur marqué par un fort turn-over. « On se fait une idée du monde du travail, c'est bien de le fréquenter en alternance », aime-t-il rappeler.
Un rythme d'alternance pensé sur-mesure
Chez Babychou Services, l'organisation de l'alternance n'a rien de standardisé : elle est co-construite avec des centres de formation partenaires, spécialisés dans les métiers de la petite enfance et préparant au CAP AEPE (Accompagnant Éducatif Petite Enfance). Le rythme retenu — formation le matin, terrain l'après-midi — colle parfaitement aux réalités du métier, centré sur les sorties d'école.
Un choix loin d'être anodin : « Si les rythmes d'alternance n'avaient pas été souples et adaptés à nos conditions de travail, je n'aurais malheureusement pas accepté de recruter sur ce type de contrat », explique Florent G. Car dans ce métier, la relation de confiance construite avec l'enfant et sa famille se joue sur la durée — un rythme classique d'une semaine sur deux serait tout simplement incompatible.
Si les alternants CAP AEPE constituent le cœur du dispositif, l'agence ouvre aussi ponctuellement l'alternance à des postes administratifs, commerciaux ou RH en son sein.
Une expérience concrète : les réussites et les défis
Recruter en tension : une bataille assumée
Le recrutement d'alternants n'est pas un long fleuve tranquille. Avant la crise sanitaire, l'agence croulait sous les candidatures — au point de devoir en refuser, faute d'un nombre suffisant d'encadrants disponibles. Depuis, la donne a changé : moins de candidats, un désamour pour un métier parfois perçu, à tort, comme un simple « job tremplin ».
Pourtant, pour Florent G., ce métier a tout d'un vrai projet de carrière : « C'est un beau métier qui nécessite beaucoup de responsabilité, d'autonomie. Avec le CAP AEPE, on peut travailler dans plusieurs types de structures : crèches, hôpitaux, PMI, centres médico-sociaux, établissements publics, privés ou associatifs. » Une polyvalence qu'il défend au quotidien, en identifiant dès l'entretien les candidats réellement motivés — et en acceptant, sans détour, que certains alternants formés chez lui poursuivent ensuite leur carrière ailleurs. « C'est le jeu, je l'accepte. Je suis là pour leur servir de tremplin. Le plus important, c'est d'avoir contribué à faire aboutir leur projet. »
Une réussite qui résume tout : Florent G. se souvient avec émotion d'une alternante recrutée en 2015, restée dans la famille où elle avait effectué son alternance, puis intégrée en agence pour conseiller les équipes terrain, avant de rejoindre une crèche où elle avait été repérée pour ses qualités. « Pour moi, c'est une superbe belle histoire. Il y a l'accompagnement, il y a l'alternance. »
Quels bénéfices pour l'entreprise?
Une intégration portée par le collectif
Sur le terrain, les alternants bénéficient d'un accompagnement rapproché des équipes. Face aux petites difficultés du quotidien — se faire respecter par un enfant, gérer une relation avec des parents — l'agence complète l'apport théorique du centre de formation par des conseils concrets, voire des visites qualité au domicile des familles.
« Les alternants, c'est une population que nous aimons particulièrement. Ils ont plein d'idées, sont parfois très candides, ont envie de réussir. Nous sommes là pour les aider, dédramatiser, les faire déstresser », confie le dirigeant, qui insiste sur une écoute et un partage d'expérience réciproques.
Un moteur pour la marque employeur et l'innovation
Au-delà de la formation, les alternants sont devenus une véritable force de proposition au sein de l'agence : idées d'activités ludiques et pédagogiques pour les enfants, regard neuf sur les outils numériques, contribution à l'évolution des contenus sur les réseaux sociaux. « Ils apportent une approche plus actualisée des nouvelles technologies et contribuent, par leurs suggestions, à faire évoluer nos contenus », souligne Florent G.
En parallèle de son engagement auprès des alternants, le dirigeant multiplie les interventions sur le terrain — forums, événements — pour valoriser des métiers encore trop méconnus auprès des jeunes des Hauts-de-Seine.
Quel bilan et quelles perspectives ?
Un bilan qui parle de lui-même
Le chiffre est éloquent : plus de 95 % des alternants formés chez Babychou Services décrochent leur CAP AEPE, et la grande majorité trouve un emploi pérenne en moins de six mois. Certains restent dans l'agence, d'autres rejoignent une crèche ou une autre structure — dans tous les cas, un tremplin réussi vers l'emploi.
Pour l'avenir, Florent G. veut poursuivre cette dynamique, sans pour autant viser le volume : « Le but est de faire du qualitatif, pas de la masse. » Un message clair à l'attention des entreprises encore hésitantes : « Recruter un alternant en CAP AEPE demande un investissement en temps, en encadrement, en démarrage. Oui, c'est vrai. Mais c'est un pari gagnant. On forme un futur collaborateur potentiel, on sécurise son recrutement. On participe concrètement à l'insertion professionnelle des jeunes sur notre territoire. »
Il rappelle enfin un levier souvent sous-estimé par les TPE/PME : les aides de l'État à l'alternance, qui ont évolué ces dernières années et peuvent représenter un vrai soutien pour des structures de taille modeste — à étudier auprès des CFA et des opérateurs de l'emploi et de la formation professionnelle.
À travers son témoignage, Florent G. démontre avec force qu'une TPE/PME des Hauts-de-Seine peut, à son échelle, transformer l'alternance en un véritable moteur de développement humain et économique. Recruter un alternant, ce n'est pas seulement pourvoir un poste : c'est investir dans une compétence, révéler un potentiel, et parfois écrire une success story qui dépasse le cadre de l'entreprise elle-même. Un témoignage qui illustre, très concrètement, comment les TPE/PME des Hauts-de-Seine peuvent faire de l'alternance un véritable levier de recrutement, de formation... et de transmission.