Les Hauts-de-Seine restent ils le territoire de référence de l’apprentissage en Île-de-France ?

L'apprentissage poursuit sa progression en Île-de-France avec 217 954 contrats signés en 2024. Toutefois, cette dynamique régionale masque des situations départementales contrastées. Avec plus de 40 000 contrats enregistrés sur la campagne 2025-2026, les Hauts-de-Seine conservent une place centrale dans l'écosystème de l'apprentissage francilien. Les Hauts-de-Seine conservent un poids majeur grâce à leur tissu économique et à la forte présence de formations supérieures. Le Val-de-Marne se distingue par une progression soutenue des contrats, tandis que les Yvelines enregistrent un recul des entrées en apprentissage. Afin de garantir la cohérence des analyses, cet article s’appuie exclusivement sur des données issues des organismes publics de référence : Dares, DRIEETS Île-de-France et DDETS des Hauts-de-Seine.

L’apprentissage s’est imposé comme un levier majeur d’insertion professionnelle et de recrutement des entreprises. Selon la DRIEETS Île-de-France, plus de 217 000 contrats ont été signés dans la région en 2024, soit une hausse de 4,8 % sur un an.

L'apprentissage poursuit sa transformation en Île-de-France. Désormais largement présent dans l'enseignement supérieur, il constitue un levier majeur d'insertion professionnelle et de réponse aux besoins de recrutement des entreprises.Cette progression confirme l’ancrage durable de l’alternance dans les parcours de formation et d’accès à l’emploi.

Dans ce paysage régional, les Hauts-de-Seine occupent une position particulière. Le département accueille une concentration exceptionnelle de sièges sociaux, d'établissements d'enseignement supérieur et d'entreprises de grande taille. Cette configuration influence fortement le profil des apprentis et des contrats signés.

A retenir

  • 217 954 contrats d'apprentissage ont été signés en Île-de-France en 2024
  • Les Hauts-de-Seine représentent 21,1 % des contrats d’apprentissage franciliens recensés dans leur bilan départemental
  • Plus d'un apprenti altoséquanais sur deux prépare un diplôme de niveau master ou équivalent. Les Hauts-de-Seine se distinguent par le poids des grandes entreprises dans le recrutement des apprentis
  • Le Val-de-Marne fait partie des départements les plus dynamiques d’Île-de-France avec une progression de 9 % des entrées en apprentissage entre 2023 et 2024.
  • Les Yvelines enregistrent une baisse de 11,3 % des entrées dans le secteur privé sur la même période.

Pourquoi les situations départementales sont-elles différentes

La progression régionale de l'apprentissage ne se traduit pas uniformément sur l'ensemble du territoire francilien.

La L'apprentissage en 2024 en Île-de-France publiée par la DRIEETS montre que certains départements connaissent une croissance soutenue tandis que d'autres enregistrent un ralentissement des recrutements d'apprentis.

Ces différences s'expliquent notamment par :

  • La structure économique locale ;
  • Le poids des grandes entreprises ;
  • La spécialisation sectorielle ;
  • L’offre de formation disponible ;
  • Les besoins de recrutement des employeurs.

Pourquoi les Hauts-de-Seine occupent ils une place particulière dans l’apprentissage ?

Le bilan départemental des Hauts-de-Seine fait état de 40 133 contrats d’apprentissage sur la campagne 2025-2026. Le département représente 21,1 % des contrats franciliens et demeure l’un des principaux territoires de l’alternance en région capitale.

Cette position s’explique notamment par :

  • la concentration de sièges sociaux et de grands groupes ;
  • la présence d’établissements d’enseignement supérieur nombreux ;
  • un recours important à l’apprentissage dans les métiers tertiaires ;
  • une forte proportion de formations de niveau master et équivalent.

Quel est le profil des apprentis des Hauts-de-Seine ?

Le portrait de l'apprenti altoséquanais met en évidence plusieurs caractéristiques fortes :

  • 52,2 % de femmes ;
  • 61,6 % d'apprentis âgés de 21 à 25 ans ;
  • 53,6 % préparant un diplôme de niveau 7 ;
  • 8,9 % des contrats sont signés dans des entreprises de 250 salariés ou plus ;
  • forte présence des activités tertiaires et de gestion.

Ces indicateurs confirment que l'apprentissage dans les Hauts-de-Seine est fortement orienté vers les formations supérieures et les qualifications élevées.

L'analyse des données publiques montre que les trajectoires territoriales de l'apprentissage restent contrastées.

Que nous apprend la comparaison avec le Val de Marne et les Yvelines ?

Comment évolue l'apprentissage dans le Val-de-Marne ?

Selon la DRIEETS, le Val-de-Marne figure parmi les départements franciliens les plus dynamiques avec une progression de 9 % des entrées en apprentissage entre 2023 et 2024.
Cette performance place le département parmi les territoires les plus dynamiques de la région, aux côtés de la Seine-Saint-Denis et du Val-d’Oise.

Contrairement aux Hauts-de-Seine, dont le modèle repose fortement sur les formations supérieures longues, le Val-de-Marne bénéficie d’un développement plus équilibré entre différents niveaux de qualification et secteurs d’activité. La DRIEETS souligne d’ailleurs la progression récente des formations de niveaux bac et infra-bac dans la région.

Quelle est la situation dans les Yvelines ?

La DRIEETS relève une baisse de 11,3 % des entrées en apprentissage dans le secteur privé dans les Yvelines entre 2023 et 2024. Il s'agit de l'un des reculs les plus importants observés en Île-de-France.
Cette évolution contraste avec le positionnement des Hauts-de-Seine, où l'apprentissage reste fortement soutenu par les grandes entreprises et les formations supérieures.

La comparaison met en évidence deux modèles territoriaux différents :

  • un modèle davantage orienté vers les services supérieurs dans les Hauts-de-Seine ;
  • une structure économique plus diversifiée dans les Yvelines, incluant davantage d'activités industrielles et de PME.

Quelles perspectives pour les trois territoires ?

Les trois départements devront s'adapter à un contexte marqué par l'évolution des modalités de financement de l'apprentissage et la recherche d'une meilleure soutenabilité du système.

Pour les Hauts-de-Seine, l'enjeu sera de maintenir leur leadership tout en diversifiant davantage les niveaux de formation et les secteurs représentés.
Pour les Yvelines, la priorité pourrait être de soutenir le recours à l'apprentissage dans les secteurs industriels et les PME.
Enfin, le Val-de-Marne devra consolider la dynamique observée ces dernières années afin de confirmer sa progression dans le paysage francilien.

Informations pratiques

Les chiffres clé

  • 217 954 contrats d'apprentissage signés en Île-de-France en 2024, soit une hausse de 4,8 % sur un an
  • 40 133 contrats d’apprentissage ont été recensés dans les Hauts-de-Seine sur la campagne 2025-2026
  • Soit 21,1 % des contrats d'apprentissage franciliens sont concentrés dans les Hauts-de-Seine

Pour suivre les évolutions de l'apprentissage

A télécharger : L'apprentissage en 2024 (pdf - 325 Ki)